The Naturalistic Outlook

Je souhaite être complètement transparent sur l’utilisation des LLM sur ce site. Je les utilise pour :

  • chercher des informations et des références.
  • rassembler des données et faire des synthèses sur l’état de l’art de sujets scientifiques, philosophiques ou historiques.
  • développer des idées, des arguments et des critiques grâce à un usage des LLM sous forme de dialogues.
  • faire les résumés et les traductions de mes textes écrits en français.
  • réaliser les animations et les simulations numériques pour mes articles de physique.
  • avoir des retours critiques sur mes écrits.
  • avoir des propositions de formulations ou de reformulations de certains passages.
  • corriger et éditer les versions finales de mes textes.

L’utilisation des LLM pour rédiger des textes reste un sujet très controversé. Je pense que le débat mélange parfois des pratiques fondamentalement différentes. Une des craintes exprimées est la délégation de la pensée à des machines, et donc une perte de la responsabilité et de la paternité du contenu par des êtres humains identifiables. Nous ne lisons parfois pas un texte pour avoir les avis d’une machine. Nous pouvons donc nous sentir bernés si nous découvrons qu’un texte a été écrit avec l’assistance d’une IA.

Il est effectivement problématique pour certains types d’écrits que l’auteur demande à un LLM à partir d’un simple prompt avec des prescriptions et des directions plus ou moins détaillées de lui fournir un produit textuel quasiment fini. Je tiens à assurer qu’aucun des articles écrits sur ce site n’a été produit de cette façon, excepté les textes de résumés que l’on trouve sur les pages de présentation des articles ou de la bibliothèque.

Cependant, je veux être transparent sur le fait que pour certains articles, j’ai utilisé de manière importante l’IA comme outil de rédaction. Ce sont notamment les articles ou les passages d’articles qui concernent surtout l’exposition d’idées d’autres auteurs.

Dans tous les cas, il y a une chose que je voudrais signaler : pour aucun de mes articles, l’utilisation de l’IA a diminué le volume de ce que j’ai écrit. Mon utilisation de l’IA me fait écrire davantage, pas moins – excepté pour le codage bien sûr. La raison en est simple : même pour des passages dans lesquels je laisse l’IA écrire la dernière version de ce qui sera publié – car je trouve la formulation particulièrement claire et exprimant avec exactitude ma pensée – la production finale est l’aboutissement d’un processus itératif dans lequel je reste complètement actif et décisionnaire.

Et j’estime que cette façon de travailler me fait réfléchir davantage, et pas moins, en tout cas sur les aspects qui comptent vraiment pour moi. Le processus d’écriture, tel que je le réalise, ressemble parfois un peu à ceci : j’écris un premier jet et l’IA critique certaines de mes idées et de mes formulations. Parfois, je les défends lorsque je trouve la critique infondée ou peu pertinente. D’autres fois, je concède le point. L’IA peut alors me proposer une nouvelle formulation. Je peux la valider, ou à mon tour émettre des critiques. Cela débouche sur des discussions interminables sur des distinctions conceptuelles, des jugements sur la cohérence d’un argument, etc.

 Le risque que l’usage de l’IA conduise à une atrophie de la pensée me paraît dépendre fortement de la manière dont elle est utilisée. Parallèlement, l’idée qu’il suffirait de faire scanner un texte par un logiciel de détection IA pour mesurer l’investissement de l’auteur dans le processus d’écriture me paraît trompeuse (du moins parfois).

Socrate n’écrivait pas de textes. Richard Feynman faisait rédiger au moins une partie importante des livres qu’il a fait publier, dont ses fameux cours de physique. La compétence rédactionnelle ne résume pas la solidité ou l’originalité d’une pensée. Mon argument n’est pas forcément de dire que seul le résultat final compte, bien que ce soit aussi une position qui peut, selon le contexte, se défendre. Mon argument est plutôt de dire que la délégation de certains processus cognitifs peut permettre à certains types de profils intellectuels de se concentrer sur ce qu’ils savent faire le mieux.

Cela dit, il y a deux éléments qui m’ont fait réfléchir et m’ont fait reprendre certains textes (processus en cours) où j’avais peut-être trop délégué le processus rédactionnel final à l’IA. D’une part, la présence parfois d’une prose un peu trop littéraire, lisse et surprudente à mon goût. Ensuite, et surtout : certaines personnes se désintéressent d’un texte lorsqu’elles apprennent qu’il a été fortement assisté par l’IA. C’est une donnée à prendre en considération pour un auteur. J’ai donc décidé de réduire la place accordée à l’IA dans la formulation finale de mes textes par rapport à l’usage que j’en avais, pour certains textes du moins, lors du lancement de ce blog. Et pour plus de transparence encore, je fournirai à l’avenir une estimation chiffrée de la part que l’IA occupe dans la prose finale de chaque texte (une estimation cependant très approximative : je ne dispose pas de versions payantes des meilleurs logiciels de détection IA).

Adrien Vila Valls